Mois sans tabac
L’addiction au tabac, c’est quoi ?
Selon la classification internationale du DSM-V (2013), on considère qu’il y a un trouble lié à l’usage de substances à partir du moment où au moins 2 critères, parmi les 11 ci-dessous, sont apparus au cours des 12 derniers mois :
1. Utilisation répétée d’une substance conduisant à l’incapacité de remplir des obligations majeures (au travail, à l’école ou à la maison).
2. Utilisation répétée d’une substance dans des situations où cela peut être physiquement dangereux.
3. Craving ou désir urgent de consommer.
4. Utilisation de la substance malgré des problèmes interpersonnels ou sociaux, persistants ou récurrents, causés ou exacerbés par les effets de la substance.
5. Tolérance, définie par l’une des manifestations suivantes :
• Besoin de quantités toujours plus grandes de la substance pour obtenir une intoxication ou l’effet désiré ;
• Effets nettement diminués en cas d’usage continu de la même quantité de substance.
6. Sevrage (« manque ») se manifestant par l’un des signes suivants :
• Apparition de symptômes de sevrage, variables selon la substance ;
• La même substance (ou une autre) est consommée pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.
7. Substance prise en quantité supérieure ou pendant plus de temps que ce que la personne avait envisagé.
8. Désir persistant ou efforts infructueux pour réduire ou contrôler l’utilisation de la substance.
9. Temps considérable consacré à se procurer la substance, la consommer ou récupérer de ses effets.
10. Abandon ou réduction d’activités (sociales, occupationnelles, loisirs) en raison de l’utilisation d’un produit.
11. Poursuite de l’utilisation de la substance malgré la connaissance de l’existence d’un problème.
Le nombre de critères cochés va également déterminer la sévérité du trouble. C’est un médecin qui pose le diagnostic et s’en suit la phase du sevrage.
Ainsi, voici ce que propose une méta-analyse de 2023, qui visait à comparer l’efficacité relative des différents programmes comportementaux d’arrêt du tabac chez les adultes en bonne santé.
L’objectif des auteurs était de déterminer quelles approches non pharmacologique, – parmi les conseils individuels, les programmes numériques, les incitations financières ou les interventions de groupe, – produisaient les taux d’abstinence les plus élevés à long terme.
Ainsi, les chercheurs ont mené une recherche systématique dans quinze bases de données internationales (PubMed, Embase, Cochrane CENTRAL, PsycINFO, etc.) sans restriction de langue, jusqu’en 2022. Il fallait que les études soient randomisées contrôlées (ECR), qu'elles comparent au moins deux interventions comportementales ou une intervention vs des soins habituels/placebo, que les participants soient des adultes en bonne santé, et que l'abstinence tabagique confirmée soit supérieure ou égale à 6 mois.
Ils ont recensé 119 essais cliniques, regroupant ainsi 118 935 participants entre 32 et 55 ans, avec un groupe contrôle ayant un taux moyen d'abstinence d'environ 7%;
Les interventions étudiées sont :
Conseils individuels (en face à face ou par téléphone)
Programmes numériques (applications, SMS, e-mails, sites web)
Incitations financières (récompenses, bons, loteries)
Programmes de groupe (sessions collectives, soutien mutuel)
Programmes multimodaux (combinaison de plusieurs approches)
Vidéo-éducation / médias de santé
Soins habituels / absence d’intervention
Toutes les interventions comportementales étaient plus efficaces que l’absence d’intervention et les incitations financières arrivaient en tête : les participants motivés par une récompense financière étaient plus de deux fois plus susceptibles d’arrêter de fumer.
Puis arrivent les conseils individuels intensifs et les programmes multimodaux avec des effets similaires.
Ensuite viennent les programmes numériques seuls (applications ou SMS) qui amélior
